Société française de l'Internet

Quel Internet pour quelles sociétés ?

Former les citoyens de demain, par l’APRIL

APRIL

Monsieur Jean-Michel Fourgous

Député

Paris, le 1er décembre 2009

Objet : contribution de l’April à la mission de réflexion et de propositions pour la promotion des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement scolaire

Monsieur le député,

C’est avec le plus grand intérêt que notre association a pris connaissance de la mission qui vous a été confiée auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche par le Premier ministre.

L’April est l’association nationale de référence pour la promotion et la défense du Logiciel Libre. Elle rassemble plus de 5 000 membres individuels, 271 entreprises (de Thalès à Steria, en passant par des petites sociétés de services en Logiciel Libre), 147 associations (dont la Ligue de l’Enseignement), six adhérents du secteur éducatif et cinq collectivités territoriales. Elle agit depuis 1996 pour la démocratisation et la diffusion du Logiciel Libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l’espace francophone ; elle contribue depuis treize ans à sensibiliser les responsables politiques et les pouvoirs publics sur les enjeux éthiques, sociaux, économiques et stratégiques du Logiciel Libre.

L’April est un observateur particulièrement attentif de l’évolution de l’usage et de l’enseignement de l’informatique dans le système éducatif.

Nous souhaitons par la présente synthétiser l’ensemble des commentaires que nous avons par ailleurs laissés sur les forums du site http://www.missionfourgous-tice.fr/.

Notre association est, en matière éducative, attachée à la formation d’utilisateurs autonomes, éclairés et responsables. Nous considérons que les logiciels libres constituent, de par la transparence technologique qui les définit et les valeurs de partage qui les fondent, l’un des leviers les plus précieux à la disposition de la communauté enseignante pour l’enseignement à et par l’informatique ((Voir notamment le cahier éducation de notre initiative Candidats.fr lors de l’élection présidentielle 2007 :
http://www.candidats.fr/index.php/Education)).

Les logiciels libres rendent en effet plus aisées, voire tout simplement possibles, des pratiques pédagogiques qui visent à donner aux élèves et étudiants non la capacité d’apprendre comment accomplir une tâche donnée avec un logiciel donné, mais celle de comprendre les mécanismes de traitement de l’information mis en oeuvre par ce logiciel. Cette démarche a pour but de fournir aux élèves des connaissances qu’ils pourront réinvestir non seulement dans la pratique d’un autre logiciel similaire (absolue nécessité compte tenu de l’obsolescence des logiciels), mais aussi et surtout, qui nourriront l’analyse critique qu’ils pourront développer sur les limites et les contraintes posées sur leurs activités chaque fois qu’ils utilisent un ordinateur.

Notre premier souci en matière éducative est donc de solliciter, en préalable indispensable de l’enseignement avec l’informatique, un enseignement de l’informatique en tant que telle.

Idéalement, au plus tard dès le collège et jusqu’au bac, cet enseignement aborderait progressivement les questions de la représentation des données (quel choix de formats de fichier en fonction de quel usage) et des différentes couches logicielles (système, interfaces, logiciels applicatifs et les rapports qu’ils entretiennent) ; puis, sans doute dans un second temps, des principes généraux de l’algorithmique (seuls à même de permettre la compréhension de la notion centrale de processus), des réseaux (là encore quel protocole et pour quel usage, avec quelle sécurité), de leurs usages (techniques et usages des outils collaboratifs) tant dans la sphère privée que professionnelle… Il va de soi que, par son objet même, cet enseignement trouvera à chacune de ses étapes un débouché nécessaire dans l’expérimentation afin d’amener les enfants à relier naturellement outils, usages et théorie.

En tout état de cause, si le souci d’éducation à ce que l’on peut appeler la citoyenneté sur Internet est des plus légitimes, il nous semble clair que cette éducation, pour être pertinente et durable, ne peut être construite que sur les bases solides que nous venons d’évoquer, de la même manière qu’on ne saurait comprendre un texte sans connaître les règles de grammaire du langage employé. Nous ne pouvons donc sur ces questions que nous associer aux demandes et recommandations similaires déjà formulées, par exemple dans le rapport général sur la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation ((http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/SNRI/69/8/Rapport_general_de_la_SNRI_-_version_finale_65698.pdf)) ainsi que par nos confrères de l’association EPI ((http://www.epi.asso.fr/revue/editic.htm et http://www.epi.asso.fr/blocnote/blocsom.htm#itic)).

– Lire la suite sr le site de l’April
– Télécharger la lettre au format PDF : Former les citoyens de demain

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