Société française de l'Internet

Quel Internet pour quelles sociétés ?

Développer progressivement des DNS nationaux interconnectés, par Louis Pouzin

IcannEntretien avec Louis Pouzin, créateur du réseau Cyclade (( Base du principal protocole de l’Internet : le protocole TCPIP)), cofondateur et président d’honneur de la Société française de l’Internet (SFI)

Concernant Internet : peut-on parler d’une « mainmise américaine » ?

L’influence américaine sur l’Internet s’enracine dans la création, en 1982, par une équipe de San Francisco, de la première version du Domain Name System (DNS), ensemble de fichiers interconnectés qui remplit la fonction d’annuaire. Elle devient effective en 1998, après la mort de Jon Postel, premier et emblématique gestionnaire de ce DNS, auquel succède alors une nouvelle entité : l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). C’est sous l’impulsion de cette dernière que s’accroît le marché des noms de domaine et que s’imposent sur ce secteur des considérations d’ordre commercial. La principale activité de L’ICANN (et non la seule), comme mandataire du Department of Commerce (DOC), est la spéculation sur les noms de domaine.

L’autre acteur devenu incontournable est Verisign. Cette société gère, pour le compte de l’ICANN, l’introduction, la facturation et la prolongation de tous les noms en .com et en .net, soit le registre dominant (80 % des noms de l’Internet). Elle est également opérateur de la racine A, qui sert pour la mise à jour de toutes les racines de l’annuaire. Car il y a de par le monde 280 copies de l’unique racine du DNS (( La racine est la partie de l’annuaire qui se trouve au sommet de la hiérarchie.
Elle contient uniquement les « top level domains » : .com ; .eu ; .fr ; .uk … etc)). Elles sont mises à jour automatiquement par Verisign, qui effectue ce travail indépendamment de l’ICANN, en vertu d’un contrat signé avec le DOC.
Dans les faits, les États-Unis gèrent donc l’ensemble de l’annuaire, même s’il est physiquement réparti dans tous les pays du monde (excepté en Chine qui a fait sécession).

Le système centralisé et global du DNS est-il compatible avec l’indépendance et la sécurité d’un système national de communications ?

Tout point de passage obligé induit une fragilité, c’est un fait. Avec son annuaire unique, Internet est un terrain plus propice aux attaques malveillantes. Elles sont rarement de grande ampleur. Mais le risque est là. C’est la conséquence de l’absence de cloisonnements et donc de pare-feux. Cette structuration ouvre des perspectives pour les gangs ou les organisations malveillantes, parfaitement au courant des techniques de l’Internet.
Elles peuvent…

Lire la suite sur le site du Club parlementaire du numérique

Vous y trouverez aussi les réponses de Louis Pouzin aux questions suivantes :

Cet annuaire est-il indispensable au fonctionnement de l’Internet ?

Une maîtrise du DNS au niveau national… Cette idée implique un changement de taille…

Les oppositions au changement ne sont-elles pas très fortes ?

En quelques lieux de par le monde, cette transition est déjà faite…

Propos recueillis par Armel Forest
pour Le Club parlementaire du numérique,
13 janvier 2010

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