Société française de l'Internet

Quel Internet pour quelles sociétés ?

Quel futur pour le socle de l’Internet ? par Louis Pouzin

Futur InternetÀ l’occasion du passage en France du professeur John Day de l’Université de Boston, un des pionniers du réseau ARPAnet et l’un des auteurs des protocoles de l’Internet, nous vous convions à un grand événement

le 28 juin 2010 à Paris

sur le thème Quel futur pour le socle de l’Internet ?

Prélude au colloque : Comment va l’Internet ?

Ça va… vite. L’internet évolue à marches forcées. Qui arrive à suivre ? Les débits ont explosé. Depuis dix ans on est passé de kilobits à gigabits, et on ira encore plus loin. Avec ces gros tuyaux on peut transmettre la voix, la radio, la vidéo, la télé, le 3D, c.a.d. le relief. Mais on ne peut pas encore toucher ce qu’on voit.
Le réseau de communications de l’internet est robuste; il résiste bien aux pannes de matériel. On ne peut pas en dire autant des moyens d’accès. Le raccordement au domicile est en général bon dans les villes, pas toujours dans les villages, et problèmatique dans la cambrousse.

Le PC de l’utilisateur est une autre affaire. Au début ça marche. Au bout d’un certain temps, quelque chose s’arrête de marcher, personne ne sait pourquoi. Assistance téléphonique, facture à la clé, sans garantie de résultat. Pour finir, intervention d’un gourou, qui est une denrée rare et chère.
Et le spam ? appelé aussi pourriel. « Vous avez gagné 25 millions de dollars ». « Offrez vous un doctorat en ligne ». « L’accès à votre compte bancaire a été restreint, confirmez votre inscription ». Plus la panoplie des mirages de vigueur et virilité. Évidemment, ce sont des arnaques. L’industrie du spam est florissante, car elle est camouflée dans un maquis de réseaux internationaux, et le nombre de gogos augmente avec les nouveaux utilisateurs.

Comment s’en débarrasser ? Bonne question. L’internet est un système ouvert. N’importe qui peut émettre n’importe quoi, et ça ne coûte presque rien. Le réseau n’a aucun mécanisme d’identification, cette fonction est laissée aux fournisseurs d’accès. Mais il existe partout des fournisseurs d’accès compréhensifs, qui ont intérêt à garder de bons clients. Le risque est d’être placé dans une liste noire et de voir son courriel refusé par les destinataires.

Même si les accès à l’internet étaient rigoureusement contrôlés, l’industrie du spam connaît bien d’autres moyens d’infiltration. Le plus courant est un virus transmis à un PC disposant d’un accès légitime. Ce virus reste invisible pour l’utilisateur, il dort d’un œil et attend les ordres de son patron. Par exemple faire suivre du spam à une liste de destinataires. Le PC infecté apparait comme l’émetteur du spam, ce qui peut causer de sérieux ennuis à son utilisateur.

L’internet grouille de millions de PC infectés. On les appelle des zombies. La plupart du temps ils ne font qu’envoyer du spam modèrément, pour éviter de se faire repérer par le fournisseur d’accès. Ils constituent des réseaux gérés par des parrains, qui peuvent les louer à des gangs mafieux. S’il y a besoin de punir un site, des centaines de milliers de PC peuvent lui envoyer en même temps un déluge de messages. En quelques minutes le site est asphyxié. Son fournisseur d’accès peut l’être également.
La génération web 2.0, libre-échangiste en logiciels et tous gadgets à la mode, est un gibier de rêve pour enrichir l’arsenal des pirates (données personnelles, adresses IP, sites perméables, clés fragiles, etc.). C’est une source permanente d’innovations, pour tous.

S’ils n’ont pas de filtres, les uilisateurs individuels ont la corvée récurrente de jeter les spams de leur boîte à lettres, mais ils n’ont pas de site à défendre. En revanche, les entreprises ont des sites essentiels à leurs activités. Elles ont besoin de sécurité. Une solution est un intranet réservé au personnel de l’entreprise (réseau privé utilisant les standards de l’internet).

Les entreprises n’ont pas toujours les moyens d’avoir un intranet. Les utilisateurs individuels ont aussi besoin de sécurité pour certaines activités. On observe deux tendances fortes sur le marché. D’un côté une demande pour un internet protégé contre la fraude. De l’autre un internet ouvert et d’usage peu contraignant, en gros celui que nous connaissons. Naturellement chaque tendance estime qu’elle devrait être la seule acceptable. Et en France, on veut avoir raison avec des lois.

Pourtant d’autres services comme la SNCF, la Poste, les Pompes funèbres, et même le téléphone, offrent des prestations et des tarifs modulés selon les besoins des clients. L’internet pourrait offrir des accès avec plusieurs niveaux de sécurité, des groupes fermés d’abonnés, des filtres de contenu, tout ça à la carte. En fait, on est paralysé par le dogme du service unique.

Mise en service en 1983, l’architecture de base de l’internet (TCP-IP) convenait à un réseau expérimental. Et il l’est resté. Sécurité, nommage, authentification, mobilité, qualité de service, en sont absents, ou pris en charge par des applications spécifiques, disparates ou propriétaires. Cet internet est –il celui du futur ?
Aprés trois décennies de léthargie les recherches sont en cours pour donner à l’internet un socle de services étendus et diversifiés adaptés à la multiplicité des besoins, usages, langues et cultures des habitants du monde.
Ce sera au programme du prochain colloque :

« Quel futur pour le socle de l’Internet ? »

Louis POUZIN

Plus d’informations et inscription au colloque sur le site de Forum Atena

Les applications internet reposent-t-elles aujourd’hui sur des services TCP/IP suffisants ?
La qualité de service est-elle prévue dans le socle de l’Internet du futur ?
Comment mieux fluidifier le trafic avec des routes plus directes ?
La congestion des routeurs, la faute aux opérateurs ?
Que devient la neutralité du net dans tout ça ?
Que fait l’Europe, que devrions-nous faire ?
Vers la fin du modèle en couches ?
L’IPv6 sauvera-t-il la planète ?
RINA, NGN, c’est quoi ?
L’après IP ?

lundi 28 juin 2010

Safran, auditorium du Ponant
27, rue Leblanc
– 75015 Paris

de 14 h 00 à 19 h 00

Louis Pouzin, introduction

John Day, keynoteRecursive InterNet Architecture
Guy Pujolle
– Quel futur pour le Post IP ? virtualisation, cloud, authentification forte
Kavé Salamatian
– Quel futur pour les options de routage ?
Michel Riguidel – La gestion des flux

Table ronde sur le thème général « Que fait-on en Europe et que devrait-on faire ? » Patrick Cocquet, délégué général Cap Digital Paris Région, et Patrick Grossetete, une référence sur l’IPv6 se joindront aux intervenants.

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